• Entretien du cheval âgé au quotidien

Cette série d’articles sur le cheval âgé s’adresse à tous les propriétaires de « vieux » chevaux bien sûr, mais aussi à tous les propriétaires espérant garder leur monture encore de longues années et lui offrir une belle retraite dans les meilleures conditions.

Un cheval vieillissant nécessite plus d’attentions et est plus exposé à un certain nombre de maladies. Nous vous expliquons ici comment préserver au mieux sa santé, en repérant les premiers signes de l’âge, et en adaptant l’entretien et l’alimentation.

Cet article est loin d’être exhaustif sur le sujet, deux autres sont en préparation et traiteront des pathologies spécifiques liées à l’âge et des problèmes locomoteurs du vieux cheval.

Signes de vieillesse du cheval

La vieillesse n’est pas synonyme de maigreur chez le cheval contrairement à la croyance populaire ! Par contre, pour éviter de vivre l’amaigrissement comme une fatalité, il est primordial d’adapter l’entretien de son cheval en fonction de son âge.

On considère souvent qu’un cheval est « vieux » quand il arrive dans la vingtaine. Il est vrai que cela correspond généralement à un vieillissement physique, avec un « coup de vieux » plus marqué vers 25 ans :

  • Le cheval se démuscle (en lien aussi avec le passage à la retraite),

  • La dentition est moins efficace,

  • L’appareil locomoteur se fatigue (raideurs articulaires, fragilité tendineuse et ligamentaire).

Cela arrive à un âge variable selon le vécu du cheval et sa race. Plus l’activité sportive du cheval aura été intensive et précoce, plus son organisme risque de montrer des signes de vieillissement tôt.

Les poneys et les ânes sont souvent plus rustiques et vivent plus vieux.

  • Remarques :

L’ensemble fonte musculaire/baisse de la prise alimentaire/douleurs locomotrices favorise la perte de poids du cheval âgé.

Cependant une bonne hygiène de vie et un entretien adapté permettront de maintenir votre cheval en bon état corporel.

perte etat cheval

Entretien dentaire du cheval âgé

Priorité aux soins de la dentition du cheval :

Les dents du cheval poussent en continu. Elles s’usent par le frottement des dents du haut sur celles du bas.

  • Usure normale : toujours des petites pointes « surdents » à l’extérieur en haut et parfois à l’intérieur en bas

    => Râpage tous les ans pour le confort ou tous les 2 voire 3 ans.

  • Usure irrégulière ou asymétrique : surdents plus importantes ou d’apparition plus rapide.

  • Remarques :

Sur un cheval qui vieillit, si les dents n’ont pas été entretenues régulièrement, les petits défauts ou asymétries de la bouche se sont accentués petit à petit jusqu’à pouvoir provoquer de grosses pointes.

On trouve très fréquemment les joues du cheval blessées de manière chronique, en plus bien sûr des difficultés à manger.

Les signes d’appel de gêne dans la bouche du cheval qui doivent vous alerter :

  • Il mange plus lentement qu’à son habitude,

  • Il fait des mouvements de mâchoire ou de langue exagérés en mangeant,

  • Vous retrouvez des boulettes de foin mâchées au sol,

  • Les joues paraissent gonflées,

  • Il maigrit,

  • Ses crottins contiennent de très longues fibres.

Même si les dents ont été entretenues régulièrement, avec l’âge, le cheval peut perdre des molaires, l’entretien annuel voire semestriel, est alors primordial pour éviter la pousse excessive des dents en regard.

A lire aussi : L’amaigrissement chez le cheval

Adapter l’alimentation du cheval âgé

Entre 25 et 30 ans, on arrive souvent sur la fin de la pousse des dents, le cheval peut alors avoir de grosses difficultés de mastication, malgré un bon entretien.

Il arrive en général à manger l’herbe et les concentrés mais peine à manger le foin. Malheureusement, l’herbe n’est pas toujours disponible toute l’année en quantité suffisante.

Il faut donc un apport en fibres fourragères plus faciles à mâcher pour le cheval.

Plusieurs marques d’alimentation équine proposent du fourrage en fibres courtes, spécialement élaboré pour le cheval âgé.

Certes, le prix est plus élevé que celui du foin classique, mais offrir une alimentation adaptée à celui qui vous a accompagné si longtemps paraît la moindre des choses. Cela demande un peu plus de travail et de budget, mais voir des chevaux mourir de faiblesse car on n’a pas su leur proposer une alimentation et des soins adaptés fait partie des choses qu’on ne devrait plus voir aujourd’hui.

Il existe ainsi du foin en fibres très courtes, en sacs, des bricks de fourrage riche, ou encore, pour les chevaux ayant vraiment du mal à mastiquer, de gros granulés d’herbe déshydratée, à faire tremper avant de le donner.

  • Ces fourrages alternatifs, couplés à un bon entretien et à une ration de floconnés adaptée permettront à votre cheval de garder de l’état le plus longtemps possible.

  • Vous pouvez également y ajouter de l’huile, calories immédiatement assimilables.
  • En raison de son régime spécial et de sa lenteur pour manger, il peut être nécessaire de séparer votre vieux cheval des autres pour manger.

  • En parallèle de la gestion de l’alimentation, le cheval âgé doit bien sûr continuer à être vermifugé régulièrement.
  • Il faut également le protéger du froid, de l’humidité et des grosses chaleurs. Il est plus fragile et craint particulièrement la déshydratation. Celle-ci peut survenir aussi bien en été évidemment, qu’en hiver. En effet, les chevaux n’aiment pas l’eau glacée et ont tendance à ne pas boire suffisamment lorsqu’il fait froid.

Un cheval âgé ne doit pas être oublié au fond d’un pré sous prétexte qu’il vieillit et est à la retraite. Bien sûr, l’entretien ne sera pas le même que pour un cheval athlète, mais il est primordial de continuer à le chouchouter. Le principal point de vigilance est l’état corporel.

Un cheval qui vieillit n’est pas un cheval qui maigrit obligatoirement. Par contre, s’il n’est pas suivi et pris en charge trop tard, il peut être très difficile de lui faire reprendre de l’état.

Article rédigé par P. Cantet, vétérinaire équin

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