La maladie de Cushing chez le cheval

La maladie de Cushing est une maladie hormonale très fréquente chez les équidés âgés, en particulier à partir de quinze ans. Cette maladie est notamment marquée par la présence d’un poil d’aspect laineux et hirsute. Son importance ne doit pas être négligée car son issue peut être fatale.

Les symptômes de la maladie de Cushing

La maladie de Cushing chez le cheval présente initialement des symptômes assez discrets et peu spécifiques, ce qui rend difficile son diagnostic précoce : baisse de forme, amaigrissement, état léthargique, mue retardée ou anormale localement.

cushing chez le chevalDans les stades avancés, les symptômes sont plus marqués. Le plus remarquable d’entre eux est la mise en place d’une hypertrichose (ou hirsutisme), il s’agit d’un développement excessif des poils, qui peut débuter par des anomalies de la mue (retard ou repousse rapide de poils épais après une tonte). A terme, le cheval peut alors présenter des poils longs et bouclés sur tout le corps. C’est un signe très fréquent et caractéristique de la maladie.

Dans plus d’un cas sur deux, le cheval présente une fourbure ; il s’agit de l’inflammation sévère du pied, notamment du podophylle, très douloureuse, à terme la troisième phalange peut basculer dans le sabot et même le percer.

On peut aussi observer une fonte musculaire et des dépôts de graisse régionaux, qui donnent à l’abdomen un aspect distendu, penduleux.

Le cheval peut développer une polyurie/polydipsie : il urine en quantité anormalement élevée, et compense cette perte d’eau par une augmentation de la prise de boisson. Une hyperhydrose, c’est à dire une sudation excessive, est possible aussi.

Enfin des troubles neurologiques peuvent apparaître, comme de l’ataxie (troubles de l’équilibre), une cécité (perte de vision) ou encore de la narcolepsie (endormissement soudain).

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Les causes de la maladie de Cushing chez le cheval

L’hypothalamus sécrète de la dopamine, molécule bien connue, qui a entre autre pour rôle de freiner la production d’ACTH de l’hypophyse.

La maladie de Cushing résulte de la perte de cette action de la dopamine sur l’hypophyse. Avec l’âge on peut avoir une diminution du nombre de neurones dopaminergiques qui sont très sensibles au stress oxydatif. Cela entraîne une modification du fonctionnement de l’hypophyse, une glande située dans le cerveau à l’origine de la synthèse de nombreuses hormones.

L’ACTH, est alors produite en trop grande quantité. Or celle-ci stimule la sécrétion des hormones stéroïdiennes, produites par les glandes surrénales, comme le cortisol (Corticoïde sécrété naturellement par l’organisme). Elles sont alors aussi synthétisées de manière excessive.

Ces hormones stéroïdiennes (famille de la cortisone) sont à l’origine des symptômes de la maladie car elles interviennent dans le stress et mettent l’organisme en condition de survie, notamment en permettant la mobilisation des réserves (glucidiques et lipidiques, catabolisme protéique).

Les chevaux de race Morgan et les poneys semblent être plus à risque de développer une maladie de Cushing, mais toutes les races sont concernées. Il n’y a pas de prédisposition selon le sexe.

Le diagnostic de la maladie par le vétérinaire passe par l’observation des symptômes lors de l’examen clinique, ainsi que par l’utilisation de tests. Le plus fiable d’entre eux est le dosage de l’ACTH dans le sang : en cas de maladie de Cushing, l’ACTH plasmatique augmente. Si le résultat n’est pas assez significatif, on peut pratiquer un autre test :

  • Le test de la suppression à la dexaméthasone : chez un cheval sain, la dexaméthasone (cortisone de synthèse) doit diminuer la concentration plasmatique de cortisol (cortisone naturellement présente dans le sang). Le sang du cheval atteint de la maladie de Cushing conservera une concentration plasmatique en cortisol élevée, révélant que les cellules productrices, qui devraient normalement adapter la synthèse en fonction du taux de cortisol dans le sang ne répondent plus. Pour simplifier, on peut voir ça comme une machine à produire de la cortisone qui s’emballe et dont le frein est défectueux.

Quel est le taux normal d’ACTH chez le cheval (pg/ml) ?

  • <35 : valeur normale
  • entre 35 et 50 : douteux
  • >50 : valeur augmentée
  • >100 : PPID (Pituitary Pars Intermedia Dysfunction)

Attention, au taux de variabilité important selon le moment de la journée.

Source: Ecole nationale vétérinaire de Nantes (Oniris)

Les traitements possibles pour soigner la maladie de Cushing chez le cheval

Le traitement de la maladie de Cushing chez le cheval présente plusieurs aspects.

Entretien et prévention

On met d’abord en place des mesures hygiéniques qui visent à maintenir le cheval dans de bonnes conditions de vie : alimentation, soins réguliers : dentaires et podaux (notamment la gestion de la fourbure, qui peut passer par la mise en place d’une ferrure en M), tonte en été (en raison de l’hypertrichose), vaccinations et vermifuges à jour.

On peut réaliser une cure annuelle de complément vitaminés, notamment pour booster les défenses immunitaires du cheval.

En effet les chevaux cushing sont plus fragiles face aux infections et autres agressions du système immunitaire. Pour les chevaux fourbus chroniques, il existe également des stimulants du système vasculaire pour limiter l’afflux de sang dans les sabots

Traitement médicamenteux

On peut ensuite traiter le dysfonctionnement hormonal à l’origine des troubles, en freinant la production de l’ACTH.

Le traitement de référence aujourd’hui est le pergolide, une substance dopaminergique qui inhibe l’hypophyse.

Son rôle est de remplacer la dopamine qui est insuffisamment sécrétée par l’organisme vieillissant. Il agit comme la dopamine en freinant la production d’ACTH. Il doit être donné tous les jours à vie, et on vérifie son efficacité en dosant régulièrement l’ACTH grâce à des prises de sang et des observations cliniques.

On peut aussi traiter la glande surrénale, grâce au trilostane qui est un inhibiteur de la biosynthèse des stéroïdes. Ce traitement se donne aussi tous les jours à vie, mais a un coût très élevé et donc souvent dissuasif. De plus, il n’a pas d’action sur la synthèse de l’ACTH et les autres rôles de la dopamine.

Pour conclure :

La maladie de Cushing est donc une maladie fréquente du cheval âgé, qui doit être prise en charge le plus tôt possible afin d’éviter les complications qui assombrissent le pronostic vital et l’espérance de vie du cheval, notamment la fourbure. Avec un traitement bien mené, le cheval peut retrouver un poil tout à fait normal ainsi qu’un bon état corporel et reprendre une activité physique modérée.

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Références :

  • TAMZALI (2013). Similitudes et différences entre la maladie de Cushing et le syndrome métabolique équin.  Pratique vétérinaire équine, 45. N° Spécial 2013, 96 – 103.
  • Vétofocus. [en ligne]
    • TAMZALI (2016) Un cas de maladie de cushing chez une jument Mérens de 18 ans
    • TAMZALI (2013) Syndrome de cushing chez une jument de 24 ans
  • ScienceDirect [en ligne]
    • MESSER N.T., JOHNSON P.J. (2007) Evidence-Based Literature pertaining to Thyroid dysfunction and Cushing’s Syndrome in the Horse.
  • REED S.M., BAYLY W.M.; SELLON D.C. (2004), Equine internal medicine. 2nd ed.
    1659 p
  • Ecole Nationale Vétérinaire de Nantes (Oniris) : http://ldhvet.oniris-nantes.fr/en/services/ldhvet/valeurs-de-reference/acth/