• Stress chez le cheval : quelles causes et quelles solutions ?

Le stress est très fréquent chez le cheval, et c’est un souci pour de nombreux propriétaires. Source de problèmes de comportement, voire de santé, il peut rendre les chevaux malades ou dangereux. Et bien sûr, l’homme en est le principal responsable, puisque c’est lui qui impose au cheval un mode de vie si éloigné du naturel.

Les causes du stress chez le cheval

Le cheval est un animal naturellement anxieux, de par son statut de proie à l’état sauvage.

Avant sa domestication, sa survie dépendait de sa capacité à fuir à temps et le plus vite possible. C’est donc un animal dont l’instinct maintient les sens en éveil, qui choisit de préférence de pâturer dans un endroit vaste et dégagé de façon à pouvoir surveiller d’éventuels prédateurs.

Le mode de vie que l’homme a imposé au cheval lui demande d’accepter de vivre enfermé dans un espace clos, sans possibilité de fuir. De plus, en cas de menace, il doit lutter contre son instinct de fuite en s’en remettant à l’homme qui l’a éduqué à respecter la longe et l’attache.

Une des causes principales de stress chez le cheval est la séparation de ses congénères.

En effet, les équidés sont des animaux grégaires, qui fonctionnent avec une hiérarchie de groupe.

Quelle que soit leur place dans le troupeau, les chevaux sont rassurés par leurs relations avec les autres membres du groupe. 

troupeau chevaux

Le cheval « dominé », avec une position inférieure dans la hiérarchie, sera rassuré de savoir que les chevaux « leaders » surveillent les menaces éventuelles et sont prêts à donner l’alerte.

C’est particulièrement vrai pour les jeunes chevaux, dont l’éducation se fait grâce aux autres chevaux plus âgés du troupeau. La séparation lors du sevrage puis bien souvent lors du débourrage est une source de stress énorme pour le jeune cheval.

A cette séparation s’ajoute bien souvent un grand nombre de situations stressantes pour votre cheval :

  • Un changement d’environnement : lors de l’achat ou d’un déménagement, tout ce qui est nouveau est source d’angoisse pour la plupart des chevaux
  • Le travail, les transports et les compétitions sont également sources de stress chez le cheval.

Le mode d’alimentation contribue aussi à l’anxiété chronique du cheval.

En effet, dans la nature celui-ci mange de petites quantités en continu sur la journée. Le cheval de sport qui vit en box ou en paddock mange la plupart du temps de manière fractionnée. Les repas sont plus petits en volume, n’occupant le cheval que pendant une courte période. Cela génère de l’attente et de l’énervement au moment des repas, alors qu’un cheval qui vit au pré grignote en continu, de manière plus calme.

C’est donc l’ensemble de tous ces facteurs, de par la nature primaire du cheval et de son mode de vie contraint, qui en fait un animal souvent anxieux et sujet au stress.

De nombreux propriétaires s’en inquiètent et cherchent à améliorer le confort psychologique de leur cheval en essayant de lui offrir des conditions de vie moins stressantes. En effet, le stress est source de nombreux problèmes de santé et de comportement chez le cheval.

Conséquences du stress chez le cheval

On reconnaît un cheval stressé aux effets néfastes du stress sur son comportement et sa santé.

Les chevaux les plus « chauds » ne sont pas forcément les plus anxieux. Certains paraissent calmes et sont pourtant angoissés au point que cela déteint sur leur santé.

  • Troubles du comportement

Le cheval stressé est souvent sujet à des troubles du comportement.

Les troubles les plus connus sont les tics.

Bien qu’ils attrapent le tic par imitation, les chevaux qui y sont sujets sont souvent des chevaux inquiets, supportant mal la solitude, l’ennui ou l’enfermement.

Les tics les plus fréquents sont : les tic à l’air et tic à l’ours.

Tic à l’air

Il est caractérisé par le cheval qui avale de l’air en prenant la plupart du temps appui sur un support : mangeoire, porte de box, poteau…

En dehors des dégradations du matériel, ce tic est dangereux pour la santé du cheval. En effet, l’aérophagie est directement corrélée au risque de présenter des coliques et à la présence d’ulcères gastriques. Par ailleurs, cela provoque une usure prématurée des incisives.

Tic à l’ours

Il consiste à se balancer d’un antérieur à l’autre de gauche à droite et vice-versa.

S’il est moins mauvais que le tic à l’air pour le système digestif du cheval, il a par contre des effets néfastes sur l’appareil locomoteur du cheval, en sollicitant de manière anormale les articulations et ligaments collatéraux des antérieurs.

  • Problèmes digestifs

ulcère cheval

Même s’ils ne présentent pas de tic, les chevaux stressés sont plus sujets à développer des ulcères gastriques.

L’acidité de l’estomac agresse les muqueuses pouvant provoquer une inflammation voire de profondes lésions (ulcères). Cela est douloureux et peut provoquer un amaigrissement, une baisse de forme ou des coliques.

En cas de stress intense, le cheval peut aussi présenter une forte diarrhée ou des suées, pouvant entrainer une déshydratation sévère.

  • Les blessures

Le deuxième danger du stress chez le cheval est le risque de blessure.

En effet, le cheval qui panique peut avoir des réactions totalement imprévisibles et très dangereuses pour lui-même. Une peur déraisonnée peut conduire à un instinct de fuite, le cheval étant alors capable de se jeter devant une voiture, dans un fossé ou une barrière ou de sauter un obstacle infranchissable.

On observe ainsi un plus grand nombre de blessures chez les chevaux stressés, la plupart touchant les membres ou la tête, pouvant entrainer des blessures gravissimes.

Si certaines races au caractère particulièrement nerveux sont souvent reconnues comme stressées, l’énergie n’est pas synonyme d’anxiété chez le cheval et beaucoup de chevaux à l’air calme cachent bien leur jeu.

Voici quelques signes que vous pouvez repérer pour reconnaître un cheval anxieux :

  • Baisse d’appétit dès que vous changez d’environnement (concours, randonnée…),

  • Appelle beaucoup les autres lorsqu’il se retrouve seul à l’attache ou dans la carrière,

  • Refuse de passer devant ou d’aller seul en balade,

  • Tic à l’air ou à l’ours,

  • Difficile à embarquer,

  • Ne se couche pas ou très peu.

Et quelques signes qui au contraire indiquent un cheval plutôt bien dans sa peau :

  • Fait la sieste régulièrement,

  • N’hésite pas à ouvrir la voie même dans un nouvel environnement,

  • S’intéresse à son environnement sans s’inquiéter s’il se retrouve seul, ou en cas de changement (curiosité et non anxiété).

Comment aider votre cheval à gérer son stress ?

L’environnement

Le mode de vie de votre cheval est primordial dans la psychologie de celui-ci. La plupart des chevaux stressés s’améliorent lorsque leur environnement quotidien leur permet de se détendre.

Une vie en extérieur, que ce soit en paddock avec abri ou au pré sera toujours préférée à une vie au box. La vie au pré en troupeau est idéale, mais elle comporte certains aléas que les propriétaires n’acceptent pas toujours. Ainsi le risque de blessure avec les congénères ne peut pas être totalement écarté et l’angoisse de la séparation peut parfois être d’autant plus importante.

Cependant un compagnon de pré est quand même grandement conseillé, surtout si le cheval sort peu.

L’alimentation

Plus votre cheval pourra grignoter en continu, plus il apprendra à se détendre. De plus, cela est bénéfique sur les ulcères gastriques et l’acidité de l’estomac, une des premières conséquences du stress. La mise en place de foin à volonté ou d’un filet à foin selon l’état d’embonpoint du cheval est donc conseillée.

Il est important que la distribution des aliments et le travail soient les plus routiniers possibles.

Des horaires réguliers et des habitudes rassurent le cheval et le conforte dans son quotidien.

Pour les chevaux stressés en extérieur, il est important de les habituer de manière progressive avec un cheval calme. Une fois le parcours bien connu, il devrait pouvoir partir seul de manière plus sereine. Il en est de même pour ceux qui voyagent très mal, il est déconseillé de les faire voyager seul au départ.

En cas de situation stressante que vous pouvez anticiper, comme un concours, un transport ou un changement d’environnement, vous pouvez essayer de la phytothérapie afin de minimiser la réaction de votre cheval.

Compléments alimentaires pour chevaux stressés

Il existe deux types de compléments alimentaires non dopants que vous pouvez utiliser sur les chevaux stressés :

Cet acide aminé est indispensable à la sécrétion de sérotonine, l’hormone de la « bonne humeur ». L’administration de tryptophane permet d’augmenter la libération de la sérotonine, le cheval est alors moins anxieux, plus serein et cela stimule son appétit (pour ceux qui ne mangent pas en concours par exemple !).

Ces compléments sont plutôt à utiliser sur des périodes courtes, pour favoriser l’adaptation à un nouvel environnement ou limiter le stress en concours ou en van.

Ils contiennent en général de la mélisse et de la camomille pour leurs rôles anxiolytique et relaxant. Ils peuvent être utilisés au long cours pour détendre les grands anxieux, limiter les récidives d’ulcères ou de coliques.

Le stress chez le cheval est un facteur de risque pour lui même comme pour son cavalier. Il est également souvent source de culpabilité pour le propriétaire qui est souvent responsable des situations stressantes pour le cheval (vie en écurie, transport, compétition…).

Il existe des solutions pour améliorer le confort psychologique de chaque cheval, à adapter en fonction de leur niveau de stress et de ses causes. La première chose à prendre en compte reste le mode de vie de votre cheval.

Article rédigé par P. Cantet, vétérinaire équin

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