Les bienfaits de la phytothérapie chez le cheval

La phytothérapie est une médecine douce naturelle, dont les propriétaires de chevaux sont très demandeurs. Comment fonctionne-t-elle ? Quelles sont ses avantages et ses limites ? Voici quelques réponses pour mieux vous guider.

La phytothérapie, qu’est-ce que c’est ?

Comme son nom l’indique, la « phyto-thérapie » consiste à soigner grâce aux plantes. Plus précisément, c’est une médecine basée sur les propriétés médicinales d’extraits naturels de plantes. Elle peut utiliser des plantes séchées, des huiles essentielles ou de la teinture mère.

On la considère comme une médecine douce, mais elle n’est pas opposée à la médecine traditionnelle. D’ailleurs, de nombreux médicaments sont fabriqués à base de molécules chimiques extraites de plantes naturelles. Elle est très utilisée dans la fabrication de compléments alimentaires pour chevaux, c’est à dire de produits qu’on ajoutera à la ration pour leurs effets bénéfiques sur le cheval.

Son efficacité est officiellement reconnue par l’OMS et elle est pratiquée depuis des millénaires.

Cependant, elle ne remplace pas la médecine traditionnelle en cas de maladie. Les deux sont plutôt complémentaires.

La phytothérapie peut être administrée en parallèle ou en relais d’un traitement médicamenteux, sous réserve d’avoir l’accord de votre vétérinaire. En effet, médecine naturelle ne veut pas dire produits anodins. Parfois, la phytothérapie chez le cheval est déconseillée pendant le traitement car ses effets se cumulent aux effets des médicaments.

La plupart du temps, elle présente l’avantage d’être bien tolérée à long terme. Elle est souvent moins puissante mais elle présente peu ou moins d’effets secondaires qu’un traitement médicamenteux classique. Elle permet donc d’aider le cheval au quotidien, notamment sur des pathologies chroniques.

La phytothérapie chez le cheval, pour soigner quels problèmes ?

Il existe des milliers de plantes aux propriétés intéressantes à exploiter en phytothérapie. On peut trouver des plantes pour aider dans presque toutes les situations, cependant, il y a vraiment des usages typiques de phytothérapie, où elle sera particulièrement adaptée chez le cheval.

Il s’agit généralement de problèmes chroniques, pour lesquels l’utilisation prolongée de médicaments est déconseillée. La phytothérapie intervient alors en relais, après ou entre deux traitements.

  • Anti-inflammatoires naturels

Les alternatives naturelles aux anti-inflammatoires représentent l’utilisation numéro 1 de la phytothérapie actuellement chez le cheval.

On s’en sert principalement dans le cas de douleurs locomotrices.

En effet, les pathologies articulaires sont très fréquentes chez le cheval et bien souvent, elles se gèrent mais ne se soignent pas. Cela peut aussi concerner les douleurs osseuses ou parfois tendineuses.

La plupart des traitements médicaux disponibles sont à base d’anti-inflammatoire, par voie générale ou locale (infiltrations). Leur utilisation doit donc être ponctuelle, voire en cure, en raison de leurs nombreux effets secondaires, notamment sur l’estomac et les reins du cheval.

Malheureusement, les douleurs articulaires ne disparaissent pas pour autant, elles sont présentes au quotidien, et c’est d’autant plus difficile pour le propriétaire de voir son cheval peiner de nouveau à se déplacer à l’arrêt des traitements.

Il peut s’agir d’une simple raideur à froid comme d’une boiterie sévère sur un cheval vieillissant. La phytothérapie permet d’améliorer le confort du cheval au quotidien en soulageant les douleurs articulaires avec des produits naturels.

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harpagophytum cheval

La plante la plus connue, en raison de son efficacité prouvée, est la racine d’Harpagophytum, ou griffe du diable. Elle a même été reconnue substance dopante et est interdite en compétition.

Cependant, il existe de nombreuses autres plantes efficaces pour améliorer la locomotion du cheval. On peut citer par exemple le Curcuma, riche en agents anti-oxydants et anti-inflammatoire naturel.

La reine des prés est une autre plante très intéressante en alternative aux anti-inflammatoires, tout simplement car elle contient naturellement de l’acide acétylsalicylique, c’est à dire de l’aspirine. Elle permet donc de soulager raideurs, courbatures, mais aussi la fourbure chronique chez le cheval.

  • Soulager l’emphysème avec les plantes

Parmi les pathologies chroniques fréquentes chez le cheval, on pense bien sûr aux problèmes respiratoires, notamment aux chevaux emphysémateux.

Beaucoup de propriétaires sont à la recherche de traitements naturels de l’emphysème et des toux d’irritation de manière générale.

En effet, les traitements médicamenteux disponibles ne guérissent pas la maladie, ils permettent simplement de soulager le cheval et de faire passer la crise. Malheureusement, en grande partie à base de corticoïdes, ils ne peuvent être administrés en continu en raison des effets secondaires importants.

La phytothérapie ne permet pas non plus de guérir le cheval emphysémateux, mais elle peut permettre d’améliorer son confort au quotidien et d’espacer les crises.

De nombreuses plantes sont connues pour leurs bienfaits sur les voies respiratoires, elles sont également utilisées chez l’homme.

Elles ont permis d’élaborer de nombreux compléments alimentaires pour chevaux ou mélanges à inhaler à l’aide d’un nébuliseur.

Les plus utilisées sont le thym ou l’eucalyptus, mais aussi la guimauve ou le plantain. Elles ont des propriétés anti-tussives, expectorantes, antibactériennes…

nébulisateur cheval
  • Autres utilisations possibles de la phytothérapie chez le cheval

  • Pour soulager des démangeaisons chroniques comme la Dermite estivale, et stimuler la repousse du poil du cheval
  • Pour gérer des problèmes de stress ou de troubles du comportement du cheval
  • Pour les chevaux angoissés, on choisira des plantes connues pour leur effet anxiolytique comme la camomille
  • Pour les juments « pisseuses », certaines plantes auront une action sur le cycle hormonal permettant d’apaiser les douleurs ovariennes. La plus utilisée est le « poivre des moines » ou Gattilier.
  • Pour soulager le cheval de problèmes digestifs. On peut par exemple utiliser :
    • Les plantes sources de mucilage pour améliorer le transit (psyllium, algues marines…)
    • L’Aloe vera pour ses multiples propriétés : apaisant l’estomac pour les chevaux avec des ulcères gastriques, laxatif doux…

Intérêt de la phytothérapie chez un cheval en bonne santé

Le deuxième usage principal de la phytothérapie concerne aussi bien des chevaux malades ou convalescents qu’en bonne santé.

Il s’agit de réaliser un drainage de l’organisme du cheval. Celui-ci permet de soulager le foie et les reins, en améliorant leur fonctionnement, en favorisant l’élimination des toxines et en leur apportant des nutriments adaptés.

  • Le drainage est conseillé après un traitement médicamenteux lourd, en convalescence, ou une fois par an pour simplement aider au bon fonctionnement de l’organisme.

On utilise généralement des plantes diurétiques (pissenlit, artichaut, bardane…), qui permettent d’aider le rein à bien éliminer. 

chardon marie cheval

Elles peuvent être combinées à des plantes hépatoprotectrices, comme le Chardon Marie ou le Boldo, le foie étant l’organe chargé de détoxifier l’organisme du cheval.

La phytothérapie est également très intéressante en préventif. On peut ainsi l’utiliser pour booster les défenses immunitaires du cheval avant l’hiver, en utilisant notamment les propriétés de l’échinacée.

Il existe aussi des mélanges plus ciblés pour certains types de chevaux, comme les chevaux âgés (combinaisons de plantes qui soulagent l’arthrose, qui stimulent l’appétit et la circulation sanguine)…

Pour conclure :

La phytothérapie chez le cheval permet de soulager de nombreux chevaux atteints de pathologies chroniques comme l’emphysème ou l’arthrose. Elle ne remplace en aucun cas la médecine traditionnelle mais elle peut arriver en relais et permettre de diminuer les traitements médicamenteux.
Ses applications sont nombreuses et ses effets peuvent être surprenants. Quel que soit le problème de votre cheval, il existe probablement un complément naturel pour l’aider. Le meilleur interlocuteur pour discuter de son intérêt et de ses limites dans le cas particulier de votre cheval reste votre vétérinaire.

Article rédigé par P. Cantet, vétérinaire équin

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