• Les principales pathologies du cheval âgé (hors problèmes locomoteurs)

Après vous avoir présenté les particularités de l’entretien du cheval âgé, quand il est en bonne santé, ce deuxième article vous parle des principales pathologies qui guettent votre cheval lorsqu’il vieillit.

Les problèmes locomoteurs feront l’objet d’un article à part entière. Il ne s’agit pas ici d’effrayer les propriétaires. Mais simplement de vous informer car mieux vous connaitrez les risques pour votre cheval, mieux vous pourrez les prévenir et les gérer. Cet article est loin d’être exhaustif mais présente les problèmes les plus fréquents.

La maladie de Cushing chez le cheval

Elle touche près de 30% des chevaux de plus de 15 ans.

C’est une maladie hormonale liée à un dysfonctionnement du complexe hypothalamo-hypophysaire, c’est à dire des glandes qui sont les chefs d’orchestre du système hormonal.

Au départ, on observe un défaut de production de la Dopamine, et l’une des principales conséquences est la surproduction de cortisol (la cortisone naturellement présente dans l’organisme).

Le symptôme le plus connu est le poil long et bouclé même en été, mais en réalité les symptômes sont très variés, les premiers étant souvent discrets et passant inaperçus :

  • Tristesse,

  • Abdomen penduleux (relâchement de la sangle abdominale),

  • Urine et boit plus,

  • Cicatrisation plus lente,

  • Hirsutisme (poil long),

  • Abcès de pied à répétition,

  • Prédisposition aux infections,

cushing cheval

Il existe un traitement médical, appelé Prascend. Il faut le donner à vie (pour un prix d’environ 2€/j), mais il permet souvent une réelle amélioration. Le cheval retrouve parfois une deuxième jeunesse !

Il existe aussi des compléments alimentaires pour soutenir l’organisme du cheval atteint de Cushing, qui peuvent être donnés en parallèle du traitement médicamenteux ou chez les chevaux qui ne le supportent pas.

Le bouchon oesophagien chez le cheval

Ce problème peut toucher les chevaux à tout âge mais il est plus fréquent en vieillissant en raison des difficultés de mastication.

Il survient quand le cheval va avaler un volume d’aliment trop important d’un coup, sans bien mâcher, par exemple, une grosse bouchée de granulés ou un gros morceau de pomme voire parfois du foin.

Les aliments restent coincés entre le pharynx (la gorge) et l’estomac.

Le cheval semble alors s’étouffer, tousse, tente de recracher, contracte son encolure. Parfois de la bave ou des aliments ressortent par les naseaux.

  • Si le cheval ne s’étouffe pas réellement avec le bouchon, le risque de fausse route et donc de pneumonie est élevé.

Le problème peut se résoudre de lui même ou avec une injection d’antispasmodique, mais parfois, le vétérinaire sera amené à intervenir pour lever le bouchon mécaniquement. Dans tous les cas, il faut résoudre le problème rapidement, il s’agit d’une urgence.

Chez le cheval vieillissant, le choix de l’aliment sera primordial pour prévenir les bouchons œsophagiens ou éviter les récidives.

  • Les granulés sont généralement à proscrire, on privilégiera les floconnés, et les fourrages en fibres courtes.
  • Pour les chevaux les plus à risques, on passera sur une ration humide (floconnés avec du son et beaucoup d’eau ou granulés mais transformés en soupe).
  • D’autres mesures peuvent permettre de limiter les risques : nourrir au sol, mettre de grosses pierres dans le seau pour ralentir la prise de nourriture…

L’emphysème

Le cheval âgé est plus sujet aux problèmes respiratoires.

Bien qu’il y ait des causes favorisantes (prédisposition génétique, environnement poussiéreux, séquelles d’infection), le vieillissement pulmonaire est toujours un facteur aggravant.

Les symptômes sont assez classiques :

  • Le cheval tousse,
  • Il respire mal, en forçant avec les flancs et les abdominaux.
  • La température reste dans la norme (37 à 38°C), parfois légèrement augmentée lors de crises.

La gestion des poussières de l’environnement et du mode de vie est primordiale.

Il n’existe pas de traitement médical permettant de guérir le cheval mais certains médicaments (corticoïdes et bronchodilatateurs) peuvent prévenir ou soulager les crises. Cependant, on évitera de les donner en continu en raison des effets secondaires associés à une utilisation prolongée.

purificateur de foin

Pour essayer d’espacer les crises, on peut utiliser des compléments alimentaires à base de plantes aux vertus apaisantes sur le système respiratoire du cheval, ou, pour les plus atteints, réaliser des  nébulisations.

Il existe également des purificateurs de foin pour chevaux, afin de limiter l’exposition du cheval aux poussières.

Pour aller plus loin : Article complet sur l’emphysème

Les infections

Le système immunitaire du cheval âgé est moins performant.

De plus, il est davantage sujet aux infections s’il est atteint de la maladie de Cushing ou d’emphysème qui favorisent les infections respiratoires.

Il est donc important de le préserver au maximum, en poursuivant les vaccinations, en évitant de le changer fréquemment d’environnement. Vous pouvez aussi booster ses défenses immunitaires à l’entrée de l’hiver à l’aide d’une cure vitaminée.

Les tumeurs chez le cheval âgé

Elles sont heureusement plutôt rares chez le cheval mais malheureusement directement liées à l’âge.

Il en existe de très nombreuses sortes, cependant deux sont principalement répandues et méritent d’être évoquées ici :

  • Les mélanomes

    Ils touchent essentiellement les chevaux gris, dont la peau est la plus pigmentée.

    Ils sont la plupart du temps situés à l’anus, la vulve, le fourreau, aux parotides ou aux lèvres.

    S’ils ne métastasent pas comme chez l’homme, leur taille et leur prolifération peuvent devenir très handicapantes pour le cheval. En effet, cela peut aller jusqu’à bloquer mécaniquement la défécation. De plus, ils peuvent se percer et suinter, attirer les insectes et provoquer des infections, parfois compliquées à gérer en été notamment.

  • Les carcinomes de la verge

    Ce cancer du pénis, qui touche les chevaux mâles, peut évoluer rapidement en l’absence d’amputation précoce.

    En cas de lésion douteuse à ce niveau, il ne faut pas hésiter à consulter rapidement votre vétérinaire.

Pour aller plus loin : Article complet sur les mélanomes

Pour conclure :

Le cheval âgé est sujet à des pathologies assez spécifiques, auxquelles on n’a pas forcément été confrontées dans sa vie de propriétaire. Mieux les connaître, c’est lui donner toutes les chances, en les décelant plus tôt.

N’oubliez pas qu’un suivi vétérinaire régulier, avec une visite vaccinale et un examen dentaire annuel, est primordial. Malheureusement, de nombreux propriétaires les négligent une fois le cheval à la retraite.

Article rédigé par P. Cantet, vétérinaire équin

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